Vianney, je te déteste!


By Fernand Blackdoulou

Fils de bonne famille, gendre idéal, talentueux, touchant, infiniment gentil, beau gosse au sourire toujours largement affiché. Et sincère en plus! Voilà quelques termes pour qualifier la nouvelle coqueluche de la variété française qui définitivement a tout pour être détesté! D’ailleurs je le déteste. Oui c’est ça, je le hais. Et à l’approche de son concert, je m’engage dans une mission qui me tient particulièrement à cœur! Trouver des failles dans la perfection de ce jeune homme. Un flop, une mauvaise blague, un franc «Bonjour Genève!», une mèche de cheveu qui passerait devant ses yeux et l’obligerait à une fausse note. Attention Vianney, je suis là et je vais t’épingler, en bon journaliste frustré et jaloux. D’ailleurs je ne suis même pas journaliste. C’est dire s’il faut attacher de l’importance à cette chronique.

Comme beaucoup de gens, je réponds présent à ton rendez-vous et je m’installe. La foule est compacte et diverse, à l’image du public hétéroclite du Paléo qui s’étend de la jeune groupie prépubère au père de famille, sweat-shirt sur l’épaule et une banane autour du ventre. Plus tous ceux qui se trouvent entre deux.

20h03. Coucou l’artiste! Tu grimpes sur scène. Seul. Oui seul! Ça te fout pas les jetons toi d’affronter 15'000 personnes sans le support d’un groupe qui envoie du lourd en soutien? Non visiblement. Je te déteste. Tu es désespérément seul, avec ta guitare et ta machine à faire des loops pour te dédoubler un peu. Quelques mots doux lancés au public et tu balances un premier titre. Déjà, ça claque dans les mains et ça crie même très fort devant. Je vois un nombre incalculable de cœurs avec les doigts. Tant d'amour m'effraie. Je te déteste.

Une audience captée en quelques notes, deux trois clins d’œil, quelques pas chaloupés et l’affaire est dans le sac. Je te déteste. Comment tu fais ça? Il y a bien cette voix, ce timbre atypique qui marque et qui touche, faut l’avouer. Je te déteste. Il y a aussi cette façon de sautiller d’un côté à l’autre de cette gigantesque scène. Et il y a ces chansons que l'on a envie de fredonner avec toi, ce que nous faisons gaiement. On se rend compte que tu n’es pas si seul, vilain petit malin! Il y a du monde pour te soutenir, t’accompagner. Et ça marche! Je te déteste. Cette belle messe positive se terminera un peu plus d’une heure plus tard avec «Moi aimer toi». Moi détester toi.

J’ai adoré te détester mon Cher Vianney. Et puisque tu viens apparemment chaque année, je te réserve une place dans la chambre d’amis pour 2018. À bientôt l’artiste

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