Eddy de Pretto, sensuelle virilité


Par Cheval

Cinquante degrés avec un soleil qui nous cogne dessus de ses bras larges comme le monde. Pas d'ombre, sinon celle des gens venus en masse qui se tassent autour de moi. On partage notre sueur. Population devant la scène des Arches: la vingtaine, la peau presque nue pour accueillir les caresses brutales du soleil d’été. La foule est immense pour recevoir la nouvelle égérie du rap français, ou de la chanson française, on ne sait pas trop où le mettre. 

Lui, en revanche, il sait. Arrivé sur scène au pas de course, dans un sprint qui ferait blêmir de jalousie certains Eden Hazard ou Cristiano Ronaldo, le jeune Eddy prend rapidement ses marques en allant découvrir chaque recoin de cette grande scène des Arches. Le corps agile, la hargne douce, une belle aisance portée par un joli jeu de jambes, il se promène sur scène avec ses mouvements amples de basketteurs et ses poses de rappeur oldschool. La foule est conquise. Et chante aussi, fort, par cœur. A peine demande-t-il au public de crier ou de chanter avec lui que la clameur se fait immense. Les tubes se succèdent et les cris se font de plus en plus perçants à chaque début de morceaux. On sort crânement les drapeaux LGBT. 

Eddy de Pretto se fait figure de proue d’un mouvement intéressant: une belle ambiguïté entre un comportement et des références inspirés du rap, mimant parfois des flingues avec ses doigts, bougeant sur scène d’avant en arrière, de gauche à droite, se présentant parfois accroupi comme devant des voitures tunées; et, d’un autre côté, une fragilité touchante, une belle sensualité véhiculée par ses textes et sa voix charmante. La virilité, la vraie, celle qui accepte sa fragilité, sa sensualité. Avec sa bonne tête qui ne ressemble à personne, Eddy véhicule la bienveillance et des frissons me prennent lorsque je regarde cette jeunesse autour de moi, amoureuse de ce jeune homme qui était plutôt du genre à se faire voler son goûter à la récré qu'être le roi de la cour d’école. Ou peut-être était-ce les prémices d’une insolation. Après quarante minutes intenses, Eddy s'éclipse, laissant à la foule un heureux sentiment. Comme celui d'un soleil qui aurait disparu mais dont on sentirait encore la profonde chaleur. 

Les photos du concert

Toutes les chroniques

Lundi 23.07.2018 - 03:15 - Par GB

Réunis devant le gratin du journalisme festivalier de la Lémanie, Daniel Rossellat et Jaques Monnier étaient (évidemment) d'accord: Paléo a vécu cette année une édition de rêve.

Lundi 23.07.2018 - 01:17 - Par Croche

Mon t-shirt vibre au son des basses. Le bruit tape soudainement, comme pour nous avertir que le danger est imminent. La foule des Arches attend patiemment, le soleil brûle les épaules. Ça cogne déjà. Le guerrier se présente dans une éruption de fumée.

Dimanche 22.07.2018 - 20:51 - Par Cheval

Classé 7e meilleur album de l’année par le magazine Rolling Stone et Album de l’année par le Paléoblog, Mario Batkovic méritait bien on ne peut plus qu’on lui dédie quelques lignes. Autant le dire tout de suite, on a bien fait de venir tôt à Paléo aujourd'hui.

Dimanche 22.07.2018 - 02:14 - Par Velux

Le concert commence dans cinq minutes. De tous les côtés on afflue, comme portés par un mouvement irrésistible, une procession quasi liturgique. La messe va commencer. En fond de scène, comme trois cierges qui s’allument, les lettres de NTM s’embrasent. Le public aussi.

Samedi 21.07.2018 - 23:16 - Par Fernand Blackdoulou

Juillet 2015, Feu!Chatterton faisait craquer le Détour. Depuis, les cinq Parisiens n’ont pas chômé, puisqu’au terme de cette première tournée marathon, ils ont embrayé sur leur deuxième essai envoyé dans les bacs cette année. Quel plaisir de retrouver le plus poétique des groupes de rock français ce soir sur la scène des Arches!

Vendredi 20.07.2018 - 23:59 - Par Sgt. Eleanor Rigby

Vendredi soir, 21h15, Grande Scène. Toujours autant de pluie à Paléo. Si on est tous réunis ici, ce n'est pas pour danser les démons de minuit. "Aurélien, une chanson, Aurélien, une chanson!" 

Vendredi 20.07.2018 - 23:01 - Par Cheval

20 heures. La foule commence à se masser dans le Festival et la pluie, comme pour rappeler aux spectateurs qu’un Paléo sans pluie, c’est comme un bisou sans moustache.

Vendredi 20.07.2018 - 03:37 - Par Croche

J’avais vu Gorillaz à l’Arena, en novembre dernier. Et j’avais été déçue. Du coup, ce soir à l’Asse, j’y retournais franchement sans grandes attentes. Tant mieux car, au final, je n'ai vraiment pas été déçue de cette seconde tentative.

Vendredi 20.07.2018 - 01:45 - Par Velux

Une fois n’est pas coutume, la météo s’est encore trompée. On avait vu le ciel se voiler derrière quelques grisailles en fin d’après-midi, des rideaux de pluie encore timides nous tomber sur la gueule. 

Vendredi 20.07.2018 - 01:44 - Par Fernand Blackdoulou

C’est indéniable: depuis quelque temps, les musiques exotiques ont la cote par ici. Et le moins que l’on puisse constater, c’est que la créativité de ces nouvelles productions souvent hybrides et mélangeant folklore, électronique et futurisme, n’a aucune limite.

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