Les aventures de Charly: l'arrivée sur le terrain
Suivez les aventures de Charly, personnage fictif qui rejoint la foule de la plaine de l'Asse pour la première fois de sa jeune existence. Entre découvertes et plaisirs, vivez chaque jour un épisode jusqu'à dimanche!
Ça y est, j'y suis. Devant moi s'élèvent les portes du Paléo Festival de Nyon. Sous une immense arche de béton recouverte d'une bâche qui me souhaite la bienvenue, les grilles sont d'immenses couloirs noirs gardés par une petite armée de bénévoles habillés de gilets jaunes fluo flambants neufs qui nous regardent l'air pressé.
Moi, je suis là, assis sur les marches qui bordent l'entrée, attendant avec impatience le top départ sous une pluie fine, mais puissante. Heureusement que j'avais pensé au matériel de survie : Une pèlerine, des cigarettes et un sac contenant quelques centaines de francs pour tenir agréablement toute la semaine, un petit parapluie miniature et le saint Graal: un accès pour la semaine acheté à la sueur de mon front sur le site même du Paléo.
Mais alors que je commence à m'assoupir malgré la pluie et le brouhaha perpétuel de la foule qui trépigne d'impatience, j'aperçois les premiers festivaliers se ruer sur les grilles comme des animaux. Tout du moins au début. Rapidement, le flot est contenu par la sécurité et tout le monde se place rapidement dans les files qui avancent à petits pas. Les animaux se transforment en personnes civilisées et attendent patiemment leur tour. Moi aussi je m'avance sous l'arche en scrutant le ciel sombre qui s'agite au-dessus de nos têtes. Je tremble un peu en serrant dans mon poing mon accès pour la semaine. Je ne tremble pas de peur, mais d'excitation. Après toutes ces années où mes amis m'ont parlé de ce festival, j'ai enfin l'occasion de frôler de mes pieds la plaine de l'Asse.
Dans mon autre main, j'agrippe fermement mon natel, seul moyen de communication avec mes amis, bénévoles sur le site, qui m'ont donné rendez-vous sous l'un des chapiteaux qu'ils ont nommés « Le Forum ». Ils ne m'ont pas expliqué de quel chapiteau il s'agissait, mais m'ont tout simplement dit « tu le reconnaitras facilement ». Je ne sais pas trop ce qu'ils voulaient me dire par là, mais j'attends bien de voir.
Encore perdu dans mes pensées, je ne me vois même pas donner mon accès à une jeune fille de la sécurité qui me souhaite un bon festival et me retrouve enfin en plein milieu de l'arène. Bizarrement, je souris niaisement en regardant l'horizon. Les concerts n'ont pas encore commencé, le Paléo semble tout juste s'éveiller, mais déjà la musique parvient à mes oreilles. À ma gauche se trouve une fontaine, comme s'il n'y avait pas encore assez d'eau sur le site. À ma droite, une énorme tenture bleue et rouge s'élève comme un étrange champignon. Si je me rappelle ce que m'ont dit mes potes, ce doit être le Chapiteau où Katerine chantera dans quelques heures. Les stands de nourriture semblent avoir poussé de sous la terre, comme un écosystème vivant et vibrant d'où s'échappe une fumée accentuée par le froid qui me mord le corps. L'odeur des plats me chatouille les narines et tente de m'attirer vers les baraques blanches d'où elle émerge en me faisant doucement rêver au futur repas chaud et délicieusement exotique que je mangerai plus tard.
En tournant la tête, je reconnais enfin le Forum. En effet, il est très difficile de le louper. Cette espèce de chapiteau placé en plein milieu du terrain, face au Club Tent semble avoir muté d'une manière assez aléatoire, laissant pousser sur son toit quatre immenses bosses, telles des épaules géantes articulant les pattes d'un monstre de toile et de fer. C'est là que m'attendent mes quatre amis.
Sourire aux lèvres, je commence à m'élancer vers le forum quand un homme glissant sur la boue me bouscule sans le faire exprès, envoyant mon natel se noyer au milieu de la fontaine. Mon seul moyen de communication vient de mourir sous mes yeux, mais je n'ai même pas l'occasion de m'en soucier que déjà je manque de déraper à mon tour. Par miracle, une jeune fille me permet de garder ma stabilité.
Les cheveux bouclés d'un blond vénitien et des yeux aussi verts que l'herbe du Paléo en plein été sous un soleil écrasant, elle m'agrippe le bras et m'observe avec un regard puissant et fier. Légèrement mal à l'aise, je la remercie en souriant bêtement. Sa réponse fuse sans attendre et me secoue encore plus que la boue sur laquelle je me tiens:
— Mais de rien Charly !
Je n'ai même pas le temps de réagir que déjà la jeune fille se mêle à la foule des spectateurs qui déambulent sur le site, me lançant un dernier regard d'un vert émeraude qui traverse la foule pour me percuter.
Qui est cette fille ? Comment connait-elle mon prénom ?
Un choix cornélien s'offre désormais à moi : aller sous le Forum rejoindre mes amis avant qu'ils ne perdent patience ou suivre cette étrange et blonde hallucination...
J'hésite un moment et me mets à courir dans la boue en laissant la pluie me frapper le visage et la musique me caresser les oreilles. Alors que je m'élance, les lumières se mettent à scintiller autour de moi dans une explosion de couleurs criardes. Maintenant j'en suis certain, Paléo est plein de surprises. Et ce n'est sûrement pas la pluie qui va me gâcher le voyage !






Et voila Charly, à quand rené la taupe ?
Alors, et cette blonde au yeux verts, tu l'as retrouvée?? ;-)
What a great reusocre this text is.