Fiona Daniel - De la fraîcheur

Les quelques personnes ayant trouvé définitivement trop kitch, ringard, voir obscène la bataille entre le batteur de Shaka Ponk et un singe virtuel se sont peut-être consolées en montant voir la jeune chanteuse zürichoise au Détour pour apprécier sa pop-folk envoûtante.
Même si elles ne le revendiquent pas ouvertement et refusent les comparaisons, une école formant les chanteuses suisses-allemandes existe, et nous permet de découvrir des perles, des stars, des voix hallucinantes, jamais potiches ou greluches, impressionnantes de justesse et de douceur. Il y a, bien entendu, en tête de file, Sophie Hunger, dont les albums et tournées en Suisse comme à l'étranger sont de plus en plus attendus. À la suite, dans le désordre, Anna Aaron, Heidi Happy, Evelinn Trouble, Valeska Steiner, Lea Lu, et la magnifique Fiona Daniel, sont toutes de fantastiques jeunes chanteuses prêtes à conquérir le monde.
Toujours accompagnée de sa violoncelliste Ronja Rinderknecht, Fiona Daniel s'est entourée, pour l'occasion, d'une armée de gaillards plus performants les uns que les autres (Lionel Gafner à la basse, Simon Rupp à la guitare et Fred Bürki à la batterie). Sa maîtrise vocale et ses compositions fines, voire intrigantes, s'accordent parfaitement aux caractères parfois doux et sensibles, parfois énergiquement rock de son set contrasté. Le Détour est bien rempli pour son spectacle qui s'accomode bien de l'exiguïté des lieux, le public – de fans – exultant bien à la fin de chaque chanson. Bien. (oui, tout comme ses compatriotes suisses allemands, elle utilisait le mot "bien" de manière stroboscopique lors de ses interventions entre les morceaux). Pardon, c'est mal de se moquer, alors que je parle allemand comme le singe de Shaka Ponk et qu'elle, finalement, on la comprend vraiment bien. Enfin, on ne manquera pas de relever qu'en plus de chanter divinement, elle arrive à le faire en même temps qu'elle joue de la guitare, du piano, ou de l'auto-harpe.
Son premier album, Drowning, sorti il y a une année, laisse présager de beaux jours à la demoiselle qui reviendra sans doute hanter ce côté-ci de la Sarine de ses performances touchantes et subtiles, et la rend incontournable sur une scène suisse qui regorge de trésors à qui veut bien les chercher..





