Dans la peau d'un punk à chien à Paléo

Tout comme les précédents, cet article consiste en une étude sociologique satirique, volontairement stéréotypée et pas sérieuse. A prendre au 8e degré ou à ne pas lire!
Chantal Pellisson est née Aigues-Mortes, dans le Languedoc-Roussillon d’un père professeur de djembé et d’une mère naturopathe. Elle n’a pas gardé beaucoup de contacts avec ses parents mais partage toujours avec eux l’amour des frappeurs de percussions diverses, de tout ce qui est autogéré et une sorte de passion déraisonnable pour les croyances mystiques, comme celle qui consiste à croire que des créatures magiques – des ondines ou des lutins notamment – vivent dans la forêt et nous transmettent de l’énergie, celle de la terre, celle qui sert à nous asseoir en rond, autour d’un feu, pour partager de beaux moments d’amour et de musique. C’est pourquoi, dès sa première trace d’érection pectorale, on a commencé à la surnommer Misty. Elle est fière de ce surnom comme un homme d'un bel étron et l’utilise désormais à la place de son prénom et, vu que le respect des croyances de chacun est au cœur de sa pensée, nous allons la respecter et l’appeler par ce surnom qu’elle chérit presque autant que son diabolo inflammable.

Avant d’arriver à Paléo, Misty a passé deux semaines avec son copain, Dan, au Festival des Arts de la Rue DésARTiculés à Moulins. Ils animaient ensemble, avec leur deux chiens évidemment, une convention de jonglerie pour les enfants handicapés et, grâce à celle-ci, ils sont parvenus à soutirer quelques euros aux bobos de la région et aux touristes bien-pensants, nostalgiques de leur jeunesse, admirant la fougue et l’énergie de ces jeunes marginaux. Misty a d’ailleurs réussi à payer l’essence de son camion – que l’on prononce camtar dans leur jargon – en quémandant de l’argent à Léopold et Séraphine, venus se ressourcer une poignée de jours dans L'Ille-et-Vilaine chez des amis ortho-dentistes.
Parée de sa plus belle collection de pulls à capuche, de ses pantalons pratos treillis militaire (pratos peut désigner deux choses en langage punk à chien: pratique ou praticable, de ses safety KS et de son unique dreadlock, Misty se rend en camtar à Paléo, non pas pour la semaine du Fesival, entendons-nous, mais pour le montage et le démontage, de la semaine -4 à la semaine +3. Elle est donc arrivée à Nyon une semaine avant la publication de cet article. Dan n’est pas venu avec elle car il a reçu un appel sur sa Sibi – sorte de talkie-walkie de camtar avec lesquels les punks à chien peuvent s’informer de l’organisation de goas sauvages - et il est parti aider des potos à monter un Technival à la Tour-du-Crieux. Hélas Misty, arrivant tout juste à Paléo, a appris une terrible nouvelle: les chiens ne sont pas admis au camping, pas même dans les camtars. Elle a donc tenté de se faire passer pour aveugle et a prétexté avoir besoin de son chien, Amphét, pour l’aider à travailler mais on lui a répondu qu’elle ne pouvait pas faire le montage du Festival si elle n’avait pas d’œil. Elle a traité tous les employés de Paléo de fachos puis elle est allée trouver un chenil pour Amphét, ce qui n’était pas tâche aisée vu que la presque totalité des chenils de la région étaient pleins du fait de la forte concentration de punk à chiens lors du début du montage de Paléo. Heureusement pour elle, et malgré qu’elle ne puisse plus s’occuper d’Amphét, elle a toujours son diabolo inflammable, ses bolas et sa connaissance encyclopédique sur la weed pour égayer un peu ses soirées. Les outils de jonglerie sont d’ailleurs au punk à chien un peu ce que le fixie est au hipster.
Durant la semaine du Festival, Misty passe ses soirées à discuter avec d’autres punks à chiens de drogues, presque exclusivement, mais aussi de capitalisme – qui se prononce généralement caca-pipi-talisme en langage punk à chien – et de groupes de ska-punk festifs. Les punks à chiens ne mettent d’ailleurs pas les pieds à Paléo vu que ces fachos n’ont pas programmé de groupes français et festifs cette année, alors que eux auraient bien aimé que les Bérus ou les Betteraves y jouent. Bon heureusement, y a quand même Manu Chao, un altermondialiste authentique, et Chinese Man. Bref, ils passent donc la plus grande partie de leur semaine entre le camping, à cracher du feu et à marcher sur les mains, et le parking où Mitch, un pote teckos à eux, prend sa voiture-sono et ses pilules du sourire et passe de la goa déjantée jusqu’à 10 heures du mat'. Ils ont même réussi à attirer deux-trois Valaisans qui venaient chercher leur Sub après le concert de Stephan Eicher. Ivres, ils ont pris les punks à chiens qui tapaient sur des tonneaux et des poubelles pour une guggen de Martigny et sont allés jouer les punks à chiens percussionnistes avec eux.
Le Festival fini, Misty ne rentre pas chez elle car, elle n’habite pas à un endroit précis. Comme elle le dit elle-même: "J’habite dans le monde et le monde habite en moi.". Elle se rend donc dans le sud de l’Espagne en camtar pour rejoindre sa grande famille, la Rainbow Family, dont les membres aiment eux aussi jouer au diabolo et empiler des enceintes pour écouter de l’ethno-techno en prenant une quantité de drogue astronomique.






hahaha jaime!
bah respect alors!!!!!! :D