Blog Vendredi 09.11.12, 15:37 par cheval

Festival Les Inrocks Volkswagen

Le festival des Inrocks a commencé lundi 5 novembre, juste deux jours après la fin du Pitchfork Festival. Pas mal d’encre a coulé d’ailleurs sur la proximité de ces deux festivals qui attirent un public, du moins pour le public français, assez proche.

Certes le public du Pitchfork Festival est plus international mais les groupes qui jouent aux Inrocks auraient tout à fait pu jouer à Pitchfork et inversement. On a reproché à Pitchfork de vouloir conquérir la France en empiétant sur les platebandes de ce festival français fondé en 1990 et bien ancré dans le paysage musical français. Dans son organisation, le Festival des Inrocks Volkswagen (il me faut citer Volkswagen, je risque sinon de me faire taper sur les doigts par le service de presse) donc le Festival des Inrocks Volkswagen est bien différent de son petit frère batailleur. Ça se passe dans plusieurs belles salles de Paris (le Divan du Monde et la Cigale en sont deux bons exemples), pas dans une grande halle austère, et l’accueil réservé au public est plutôt bon.

Voici une petite review de quatre concerts que j’ai pu voir dans ce festival (Volkswagen Volkswagen Volkswagen)

Mermonte

Mermonte c’est un super groupe français dont les musiciens ressemblent un peu tous à un papa qui conduit un monospace. Ils ont gagné deux tremplins en France – les Jeunes Charrues et les Inrocks Lab – et devraient bientôt commencer à faire plein de concerts en Europe. Il n’y a pas vraiment de front man chez Mermonte. Quelques voix parfois jaillissent d’un ou de plusieurs des 10 musiciens sur scène mais ce qui importe, c’est le galop, le rythme incessant de ce groupe. L’harmonie est gentille, bienveillante, elle nous caresse derrière l’oreille mais le rythme nous donne envie de jouer au frisbee avec un chien sur une plage ou de faire des promenades en rigolant au bord d'un lac avec des enfants handicapés.
 

Here We Go Magic

Il y a une chose assez original chez HWGM, c’est le fait qu’ils n’utilisent quasiment aucun effet en concert, ni sur les voix, ni sur les guitares. C’est assez plaisant vu que presque personne ne joue de cette manière aujourd’hui, leur son est plus sec qu’un palet breton. Leurs chansons en album sont très bien mais, ce soir, il semble qu’ils n’étaient pas vraiment à leur affaire. Ils paraissaient un peu tendus et jouaient de manière timide. Malgré ceci, ils parviennent tout de même à captiver l’attention grâce à leur fofolle boucle de guitare répétitive et à la présence étrange, presque fantastique, du chanteur Luke Temple.
 

Andy Burrows

La musique d’Andy Burrows, ex-batteur de Razorlight, c’est de longues notes au violoncelle, quelques accords majeurs à la guitare acoustique rendus tristes par une voix mélancolique et deux-trois notes jazzy au Rhodes, rien qui casse trois pattes à un canard. Le chanteur, Andy, ressemble un peu a Julien Doré, en plus nordique, et leur musique ressemble à du Bastian Baker jazzy-mélancolique. Ça sonne vraiment comme une BO de série américaine, genre les Frères Scott, lorsque le héros, à la fin d’un épisode, pourrait, par exemple, être tiraillé entre un rendez-vous galant et un match de basket qui auront lieu en même temps. Il suffirait d’y ajouter quelques lourdes percussions et des chœurs d’hommes mâles pour en faire la BO d’un film d’action/fantasy.
 

Half Moon Run

Half Moon Run surfe sur l’air du temps. Leur musique ressemble un peu à Bon Iver en plus cavalier, en plus adolescent avec plein de percussions et plein de polyphonies vocales dedans. C’est assez efficace en concert malgré un peu d’inconstance dans l’enchaînement des morceaux – les chansons percussives et pleines de voix captivent l’audience comme les ballons colorés attirent les enfants mais les autres passent inaperçues, ils ne parviennent pas encore à faire des chansons calmes avec l’intensité des chansons frénétiques.

Le Festival se déroule du 5 au 13 novembre à Paris et dans plein d’autres villes de France.

Laurent Cheval

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