Jamiroquai au Paléo, ça fait un bail! Je me rappelle bien avoir assisté au concert de 2010, Jay Kay était tout en plumes et en Adidas. Aujourd'hui, les trois bandes sont toujours sur son dos, mais il a troqué sa coiffe d'iroquois pour un chapeau 2.0, affublé de lumières qui changent de couleurs au fil des chansons.
Voilà un groupe qui a su évoluer sans pour autant perdre son son: un groove inimitable, du funk au disco, en passant par l'acid jazz des débuts et l'électro des temps nouveaux. Le contraste est saisissant au début: on passe du classique super disco You give me something au tout neuf Automaton, plein de glitchs robotiques et de synthés. Le groupe est excellent: ils sont 11 sur scène! Les trois choristes ajoutent leur grain soul alors que les solos de basse et de guitare font durer les morceaux et clapper le public.
Chance: mes voisines de concert sont deux Londoniennes, fans de la première heure. Je peux évaluer la qualité de la prestation au fil de leurs déhanchés et vagues d'épaules. Clairement, on est toutes les trois Cosmic girl ce soir. L'irrésistible et sensuel Space Cowboy nous emporte alors que Emergency on Planet Earth, tube de 25 ans, nous rappelle que ça va pas super sur la planète Terre. Jamiroquai, c'est un peu ça: des chansons d'amour ultra sensuelles dans la tradition funk, et des morceaux plus graves qui dénoncent les travers de la modernité. La solution, c'est le puissant Canned Heat qui nous l'apporte: "Just dance". On finit sur Love Fool Osophy, dans un groove pas croyable qui fait danser de la fosse aux gradins.
Un petit regret pour mes Londoniennes, pas de Virtual Insanity ce soir: mais on peut dire que la folie était bien là quand même.